D5C84964-6360-4746-B137-79A41B1F247BHello ! Il est temps pour moi à J+9 post marathon de Paris de vous en faire le compte rendu. Je suis toujours sur mon petit nuage. Courir un marathon est un rêve pour moi depuis que j’ai 15 ans mais je ne m’en sentais pas du tout capable. Je me revois dire à ma mère un jour “le marathon ce n’est pas pour moi”. Je suis vraiment heureuse d’avoir eu tort.

J’ai fait quelques années d’athletisme pendant mes années lycée. Puis, après avoir arrêté l’équitation et les concours de saut d’obstacles, je me suis mise à courir mais que des petites distances (5 à 8km) et de façon très irrégulière en août 2013. Fin 2016, je suis partie à Orléans pour finir mes études j’ai rencontré des copains qui ont voulu se mettre au running. Et si j’en suis là aujourd’hui c’est grace à eux. En janvier 2017, un ami nous a lancé le défi de courir un semi-marathon. Je parle de défi car à cette période là je n’avais jamais dépassé 11 km. Je me suis alors renseignée sur la préparation à effectuer et c’est vraiment à cette période que j’ai eu le déclic. Ma façon de m’entrainer avant était clairement mauvaise, j’étais irrégulière et je ne courrais que des petites distances car je courais beaucoup trop vite, à fond à chaque fois.

Je me suis mise à courir nettement moins vite ce qui m’a permis d’augmenter le nombre de kilomètres parcourus (12, 14, 16 et 18 km). Je prenais gout aux longues distances ainsi qu’aux séances de fractionnés. Puis arriva le jour du semi-marathon, vous pouvez lire mon compte rendu ICI. Tout se passa très bien mais à cette époque je ne me voyais pas du tout courir le double. J’ai continué à courir après ça un peu de façon irrégulière à cause d’une blessure.

Puis, le 5 septembre 2017, je tombe sur une pub sur mon facebook annonçant la deuxieme vague d’inscription pour le marathon. Je cogite toute la journée, c’est un rêve mais en suis-je vraiment capable? Je regarde des vidéos de l’événement, des témoignages de finisher et je les envie. Ce fut plus fort que moi, de manière impulsive je m’inscrivis. En décembre 2017, après avoir regardé une multitude de plans, après avoir lu de nombreux articles, je décide de commencer une prépa de 16 semaines à raison de 3 sorties par semaine (un fractionné court, une sortie tranquille de 1H ou un fractionné long et une sortie longue). C’est une prépa assez longue mais je ne regrette pas. Normalement, la prépa marathon pour la plupart des gens dure entre 10 et 12 semaines pour des personnes qui courent régulièrement. Je n’ai pas souhaité faire plus que 3 séances semaine par peur d’être arrêtée pour blessure.

Ma prépa s’est bien passée, je ne dis pas que j’ai tout respecté à la lettre, ce n’était pas évident de la gérer avec le boulot, je me suis aussi écoutée par moment car je sentais mon corps fatigué. C’est pour cela que je faisais 3 semaines intenses et la quatrième semaine je supprimais une séance. Ma plus grande sortie longue fut 26 km en 2H40 environ. J’ai couru pendant cette prépa environ 3 fois plus de 20 km en alternant une sortie très longue et la semaine d’après une sortie un peu moins longue.

J’ai commencé à stresser 1 mois avant le marathon. On doute toujours de soi et clairement quand je pensais aux 42 km qui m’attendait je me disais que c’était vraiment une folie.

J’ai considérablement ralenti le rythme 15 jours avant le jour J, pour permettre à mon corps de se reposer. Ma dernière sortie s’est faite le vendredi, un petit run de 4 km.

Je suis allée retirer mon dossard le jeudi soir au salon du running avec Alex. Je suis passée au stand Vegan marathon pour avoir mon bracelet ainsi qu’au stand paris marathon girls pour également avoir un bracelet. D’ailleurs les filles, ce groupe facebook est génial. c’est un groupe de filles du monde entier qui échangent des conseils, donnent des encouragements aux petites nouvelles qui s’apprêtent à courir le marathon pour la première fois.

FD128EA6-E70B-44E7-87D8-1EE73F4C3C27

JOUR J

J’ai très bien dormi malgrè le stress. Je me lève à 7H30 pour un départ à 10H dans le sas 4H30 et plus. Je prends mon temps, j’essaye de me détendre, j’avale mon petit déjeuner, me prépare, m’enduit de crème solaire et de crème anti-frottement. J’emporte avec moi une pompote et une banane. Je suis arrivée assez tot sur le lieu du départ : les champs Elysée. Il fait déjà très chaud et ça m’inquiète un peu. Comme une nouille, j’ai oublie d’emporter une petite bouteille d’eau. Nous sommes 55 000 à nous élancer aujourd’hui pour courir un marathon dans la plus belle ville du monde.

415485D4-C98D-4F55-BBD4-91133756DD85

9h35 : Je me trouve dans le SAS. Beaucoup court à plusieurs. Je stresse d’être seule mais je lis vos nombreux messages et je me mets dans ma bulle en essayant d’être la plus positive possible.

9H55 : Le speaker nous parle, nous motive, nous dit de profiter surtout pour ceux qui court ce marathon pour la première fois. Je réalise que je suis à 42,195 km de mon rêve et je pleurniche déjà.

10H05 : C’est parti, départ de notre SAS.

KM 1 à 5 : J’essaye au maximum de ne pas me laisser entrainer par la foule et par la descente des champs élysées. Je croise un monsieur extraordinaire qui court avec son enfant atteint d’un handicap, je l’encourage, il est également très ému. Je croiserai des gens extraordinaires tout au long du parcours et je réalise à quel point j’ai de la chance d’avoir la capacité de courir. Concorde, Chatelet, Hotel de ville, Bastille, les premiers kms s’enchainent rapidement mais j’ai vraiment très chaud et un point de coté m’accompagne pendant un km, heureusement il disparait rapidement.

KM 6 à 10 : Bastille au Chateau de Vincennes. J’ai toujours aussi chaud, les ravitaillements me font un bien fou ainsi que les seaux d’eau qui sont mis à notre diposition pour nous rafraichir. Il y a beaucoup de monde, ça bouchonne pas mal devant les ravitaillements et ça fait piétiner. J’ai hate d’être dans le bois de Vincennes alors que c’est la partie que je déteste le plus pour avoir un peu d’ombre. J’ai le soleil en pleine tête depuis 10 km et je sens que mon énergie s’en va plus rapidement que pendant mes entrainements cet hiver. Au passage du 10eme KM, je suis dans les temps pour faire 4H30 même si je n’ai aucun objectif, ça me rassure d’avoir des temps intermédiaires à suivre.

KM 11 à 15 : Je suis déçue, il n’y a pas trop d’ombres dans le bois de Vincennes même s’il fait légèrement plus frais. J’essaye de ne pas y penser, de me focaliser sur le prochain ravitaillement. J’ai découpé mon parcours en 8 x 5 km. C’est moins effrayant pour moi. Je suis toujours un peu inquiète, mon corps ne répond pas aussi facilement que d’habitude, je n’ai aucune douleur mais je sens que la chaleur m’atteint. Je dépasse le KM 15, plus d’un tiers du parcours est fait et ça fait du bien au moral .

KM 16 à 20 : Le ravitaillement m’a fait du bien mais naturellement mon allure baisse sans que je puisse faire quoi que ce soit, ce n’est pas grave je continue à courir. Je vois le panneau 20Km et les quais ne sont plus très loin, je suis contente mais j’ai toujours aussi chaud.

KM 21 à 25 : Je passe le panneau du semi avec 3 minutes de plus sur mes prévisions. ça me met un coup je commence à vraiment douter de moi mais je me ressaissi vite. Je pense à Alex qui m’attend au 30eme km, j’essaye de ne pas m’écouter. Je profite de la foule et des paysages, Paris est belle.

KM 26 à 30 : On arrive au long tunnel que je redoutais à cause de sa réputation, il est très long, la lumière y est particulière et certains se sentent enfermés. Mais bizarrement, c’est la partie de ce marathon que j’ai préféré car enfin, je n’avais plus chaud. L’organisation avait prévu une petite animation à l’intérieur en mode halloween. Il a été surnommé le tunnel de l’enfer 😊 Puis le jardin des tuileries apparait. Je passe encore quelques ponts avec des successions de descentes et de montées. Malheureusement je commence à  marcher quelques secondes au KM 28. On passe devant la Tour eiffel, je m’accroche à l’idée qu’Alex est à quelques centaines de mètres de moi. J’arrive au KM 30 je le vois et je pleuniche encore. On passe ensemble le fameux mur du marathon mais je ne le ressens pas encore.

KM 31 à 35 : Alex m’encourage bien, m’occupe. Il me force à ne pas m’arrêter. Mes jambes vont bien mais je commence à souffrir au niveau de mes lombaires, je paye clairemement mon manque de renforcement et de gainage. Je m’arrête à chaque ravitaillement je m’en fous de perdre deux minutes à chaque fois. Je sens que mon corps a besoin que je prenne mon temps, les oranges me font à chaque fois un bien fou ainsi que les bananes, ça me booste. Je bois également une petite bouteille d’eau par petites gorgés et j’en emporte une avec moi à chaque fois. Je marche 3 fois quelques secondes mais je repars aussi sec portée par Alex. Au 34eme, je vois cette côte énorme, elle me semble insurmontable mais c’est la dernière, je dois faire l’effort. Je me mets en mode automatique mais mon mal de dos me ramène à a chaque fois à la réalité. Des supporters m’encouragent, ça me fait du bien.

KM 36 à 40 : C’est assez flou dans ma tête. Je me prends le fameux mur au 37eme km. Mes jambes vont bien, je n’ai mal nul part sauf au bas du dos mais je n’ai plus d’essence, je n’avance plus je cours quand même mais chaque pas est presque une torture. Alex me dit qu’il ne me reste que 4km, que j’en ai fait 38, que ce n’est rien. Je le maudis à ce moment là car ces 4 prochains kms me semblent insurmontables. J’essaye de ne pas m’arrêter, je marche encore quelques secondes mais je repars, je veux que ça se termine. Je passe devant la fondation Louis Vitton, je me dis que c’est bientot la fin, je commence à pleurer.

KM 41 à 42,195 : Le dernier km est quasiment plat. Je ne sais même plus combien de km il me reste, je suis comme ailleurs. Et puis au détour d’un virage, Alex me dit “Regarde Ophé, elle est là”. Je tourne la tête et je l’aperçois. Cette fameuse ligne d’arrivée qui m’avait fait temps rêver. Je n’y crois, je suis à 200 m de mon rêve. Je suis déjà en pleure. J’accèlère, je pensais même pas en être capable. Je passe la ligne I DID IT. Je suis marathonienne. Je ne me souviens même pas avoir récupère ma médaille et mon T shirt, je pleurais tellement. J’ai directement appelé mes parents qui étaient contents pour moi. J’ai retrouvé Alex un peu plus loin. Je ne sais pas comment j’aurais pu faire sans lui. Courir seule n’est pas facile.

2FF07F8E-2E02-4297-AA5B-7D8C500DF7DE

583D5942-C685-40A2-92EF-86252B99BFA6

Sur mon application je vois que j’ai couru le marathon en 4h44, mon temps officiel est bien plus long 5h02 car ça compte mes temps de pause à chaque ravitaillement. Mais je m’en fous du temps. Je suis tellement fière de moi. J’ai eu envie d’abandonner plusieurs fois mais j’ai rien laché. Je me suis prise le mur tard. A mon grand étonnement je n’ai eu aucune douleur aux jambes, ni une seule crampe. Je bois beaucoup tous les jours au moins 2 litres mais une semaine avant le maraton j’étais à 3L, ça  a beaucoup aidé. J’ai énormément bu également pendant et après le marathon. Seulement des douleurs au niveau des lombaires mais je sais comment remèdier à ca grâce à du renforcement.

Je marche quand même comme une mamie et descend les escaliers du métro à l’envers. Je ne réalise pas ce que je viens de finir mon premier marathon mais je ressens une joie tellement immense. Je suis complétemnt shootée aux endorphines. Je pense que ma prépa a été bonne, le soleil et la chaleur ont vraiment joué un role, mon corps a accusé le coup. C’était d’ailleurs dur pour beaucoup de monde.

Je n’ai jamais autant savouré un mac do et mon coca 😊.

J + 1 : Mes jambes vont bien mais je dois rester allongé pour mes lombaires.

J + 2 : Mes jambes vont toujours très bien et le massage du dos par la kiné me soulage.

J + 3 : Tout va bien je sens que j’ai les jambes lourdes mais j’arrive quand même à courir pour attraper mon bus.

J + 4 : J’ai envie de recourir mais je me laisse encore du temps.

J + 5 : Je recours tranquillement 4 km

J + 6 : Bootcamp avec Adidas

J + 7 : Les jambes sont toujours un peu lourdes

J + 8 : Fit ballet avec adidas, beaucoup d’étirements ça fait du bien

J + 9 : Petit run de 5 km

Merci à tous pour vos nombreux messages d’encouragements et de félicitations. Merci à Alex qui a été un excellent lièvre et qui m’a vraiment motivée. J’espère que tu seras de l’aventure l’année prochaine à mes cotés. Je compte remettre ça en 2019 et continuer cette année à être régulière. Je souhaite participer à la course 10KM adidas en juin ainsi qu’aux 20 kms de Paris en octobre. Je rêve maintenant du marathon de NY, Berlin, LA. Et je souhaite également améliorer mes temps et essayez pour les prochains de mieux me préparer et de ne plus marcher.

Je finirais par dire qu’il faut croire en ses rêves. Cette année, nous avons été 5000 femmes à devenir marathonienne pour la première fois et j’espère que la participation féminine augmentera encore au fur et à mesure des années. Nous ne sommes que 25% pour le moment ce qui est vraiment très peu. Avec du travail, un peu de sacrifice et une bonne dose de confiance, nous en sommes tous capables. Ne vous mettez pas de barrières si vous souhaitez faire quelque chose. Vous avez décidé d’y arriver alors vous y arriverez. Le cerveau l’emporte sur le corps si vous le décidez. Mon corps me suppliait d’arrêter vers la fin mais je ne faisais que de visualiser la ligne d’arrivée, mon cerveau l’a voulu et mon corps l’a suivi. N’écoutez personne sauf vous !

Du love !

Ophé la marathonienne <3

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *